3–4 minutes

Table des matières

La PSP : Le « monstre » technique que Rockstar a dompté

En 2005, lorsque Sony lance la PSP (PlayStation Portable), la promesse est folle : avoir une PS2 dans la poche. Mais pour les développeurs, c’était un cauchemar logistique. Entre un support disque fragile (l’UMD) et une mémoire vive (RAM) limitée à seulement 32 Mo, personne ne croyait qu’un monde ouvert massif pourrait y tourner.

Puis, Rockstar Games est arrivé. Non seulement ils ont réussi l’impossible, mais ils ont redéfini ce qu’une console portable pouvait encaisser.


Le défi du disque UMD : Faire tourner un moteur dans une cage

Le plus gros obstacle de la PSP n’était pas son processeur, mais son lecteur de disque. L’UMD était lent, très lent. Pour un jeu comme GTA: Liberty City Stories, le moteur doit charger les bâtiments, les voitures et la musique en temps réel pendant que vous roulez à 150 km/h.

  • Le secret technique : Rockstar a dû réécrire son système de streaming de données. Pour éviter que le monde ne disparaisse sous vos yeux (le fameux « pop-in »), ils ont classé les données par priorité. Le moteur chargeait d’abord les collisions (le sol invisible) avant les textures. C’est pour ça que sur PSP, il arrive que vous rouliez sur une route « grise » avant qu’elle ne devienne jolie : c’était le prix à payer pour ne pas tomber dans le vide.

Liberty City et Vice City : Des miracles de compression

Quand on joue à Vice City Stories sur PSP, on oublie qu’on est sur une machine qui a dix fois moins de mémoire qu’un téléphone d’entrée de gamme aujourd’hui.

Rockstar a utilisé une technique de « LOD » (Level of Detail) agressive. Les modèles 3D des voitures que vous croisez au loin ne sont que des boîtes avec 4 ou 5 faces. Ce n’est qu’au dernier moment, quand elles entrent dans votre « bulle », qu’elles deviennent des véhicules détaillés. Maîtriser ce passage de l’un à l’autre sans que le joueur ne le remarque était une forme d’art que Rockstar a perfectionnée sur la console de Sony.


The Warriors et Midnight Club : La fluidité avant tout

Rockstar ne s’est pas arrêté à GTA. Ils ont porté The Warriors et Midnight Club 3: DUB Edition. Sur Midnight Club, la vitesse est telle que la PSP aurait dû exploser.

  • L’astuce : Ils ont sacrifié la résolution des reflets et simplifié l’IA des adversaires pour garder un framerate stable. Ils savaient que sur un petit écran de 4,3 pouces, l’œil humain pardonne plus facilement les textures floues que les saccades.

Pourquoi c’est un exploit aujourd’hui « mort » ?

Aujourd’hui, on règle les problèmes de puissance en ajoutant des Gigaoctets de RAM ou en utilisant le Cloud. Rockstar, à l’époque de la PSP, travaillait à l’ancienne : à la main, ligne par ligne. Ils ont dompté ce « monstre » qu’était la PSP en comprenant ses limites au lieu de les ignorer. C’est grâce à cette époque que Rockstar est devenu le roi de l’optimisation avant de devenir le géant qu’on connaît.


Conclusion

La PSP était une machine capricieuse, mais entre les mains de Rockstar, elle est devenue une légende. Aujourd’hui, quand vous jouez à un jeu portable qui « lag » alors qu’il est dix fois plus puissant qu’une PSP, rappelez-vous que Rockstar faisait tenir une ville entière dans 32 Mo de RAM. Le génie n’est pas dans la puissance, il est dans l’optimisation.


En savoir plus sur FREDDY ROCK QC

Subscribe to get the latest posts sent to your email.