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Acheter n’est plus posséder

Il est temps de dire les termes : nous sommes en train de vivre l’un des plus grands hold-up de l’histoire de la consommation. Vous pensez posséder votre bibliothèque de jeux, vos films ou vos musiques parce que vous avez cliqué sur un bouton « acheter » ? Détrompez-vous. Vous ne possédez rien. Vous louez un droit d’accès précaire, révocable à tout moment par le bon vouloir d’un géant du numérique. Il est inacceptable de dépenser des centaines, voir des milliers de dollars dans les produits numériques dans l’incertitude qu’ils seront retirés au détriment du consommateur. À quelle moment va-on se réveiller contre les géants du numérique qui profitent de l’innocence des consommateurs ?


L’illusion de la propriété : Le bouton « acheter » est un mensonge

Le mot « acheter » suggère un transfert de propriété définitif. Pourtant, dans les Conditions Générales d’Utilisation (CGU) que personne ne lit, le terme est redéfini comme une « licence d’utilisation limitée ».

  • L’absence de support physique : Contrairement à l’époque de la PS2 ou même de la Xbox 360, où un disque vous donnait le droit de jouer pour l’éternité (tant que la console fonctionnait), le numérique dépend de serveurs distants.
  • La révocation arbitraire : Si une entreprise comme Rockstar Games, Sony ou Ubisoft décide de fermer ses serveurs d’authentification, votre « achat » à 80 $ devient instantanément un fichier mort sur votre disque dur.
  • L’exemple de la disparition des contenus : On a vu des films disparaître de bibliothèques pourtant payées parce que les droits de licence avaient expiré. C’est du vol pur et simple déguisé en jargon juridique.

Le contrôle total des entreprises sur VOTRE expérience

Le passage au tout-numérique permet aux entreprises d’exercer une surveillance et une modification constante de leur produit, parfois au détriment du joueur.

  • Les mises à jour forcées : Vous aimiez une version spécifique d’un jeu ? Trop tard. Une mise à jour automatique peut modifier le gameplay, retirer des musiques sous licence (comme on l’a vu dans les rééditions de GTA) ou ajouter des microtransactions agressives après le lancement.
  • Le bannissement punitif : Si votre compte est banni pour une raison obscure ou par erreur de l’IA, vous perdez l’intégralité de vos achats accumulés sur dix ans. Dans le monde physique, si un magasin vous bannit, il ne vient pas chez vous reprendre vos disques.
  • L’obsolescence programmée des serveurs : Le mode online de jeux cultes est fermé pour forcer les joueurs à migrer vers le nouvel opus. C’est une stratégie de destruction de patrimoine vidéoludique.

La mort du marché de l’occasion et de l’héritage

C’est ici que le danger devient sociétal. Le numérique tue la circulation des œuvres.

  • Impossible de prêter ou revendre : Vous ne pouvez pas prêter un jeu numérique à un ami ou le revendre pour en acheter un nouveau. Les géants du numérique ont ainsi tué le marché de l’occasion pour s’assurer 100% des revenus sur chaque transaction.
  • L’absence de transmission : On ne peut pas léguer un compte Steam ou PSN à ses enfants. À votre mort, votre bibliothèque de milliers de dollars s’éteint avec vous. C’est une perte sèche pour l’héritage culturel familial.

Pourquoi nous laissons-nous faire ?

Le confort a endormi notre vigilance. La rapidité du téléchargement et l’accès immédiat nous ont fait oublier la valeur de l’indépendance.

  • La passivité du consommateur : Nous acceptons des contrats de 50 pages qui nous dépouillent de nos droits fondamentaux pour pouvoir jouer plus vite.
  • Le monopole des plateformes : Quand deux ou trois plateformes contrôlent 90% du marché, le consommateur n’a plus le choix. C’est une dictature numérique douce mais implacable.

Reprenons le contrôle !

Il est temps d’exiger des lois qui protègent la propriété numérique. Acheter un jeu doit signifier le posséder, serveurs allumés ou non. Sinon, ne soyez pas surpris si demain, votre jeu préféré disparaît de votre console sans préavis ni remboursement. Nous voulons de la rapidité, mais acheter son jeu en 2 minutes et avoir le risque de le perdre à tout moment, ou, aller le chercher mais pouvoir le revendre, le collectionner et le posséder, cela n’a pas de prix !


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