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Bully (Canis Canem Edit) : Le fils rebelle de Rockstar mérite-t-il une suite ?

Si on devait résumer Rockstar Games à une famille, Grand Theft Auto serait le fils aîné milliardaire qui réussit tout, Red Dead Redemption serait le cousin poète et sauvage qui vit dans les montagnes, et Bully (connu chez nous sous le nom de Canis Canem Edit) serait le gamin turbulent au fond de la classe qui a un cœur d’or mais qui n’hésite pas à lancer des bombes puantes sur le prof de maths.

Sorti en 2006, ce jeu a marqué toute une génération. Pourtant, alors que GTA VI monopolise toutes les discussions (et nos nuits blanches), Bully semble être resté coincé en retenue dans le bureau du principal. Aujourd’hui, on va se poser la question qui brûle les lèvres de tous les fans : est-il temps pour Jimmy Hopkins de faire son grand retour ?


Le génie d’un « petit » monde

À l’époque, Rockstar a fait un pari risqué. Passer de la démesure de San Andreas à l’enceinte fermée d’une école privée délabrée, Bullworth Academy. On n’y braquait pas de banques, on ne vendait pas de drogue. À la place, on gérait son emploi du temps, on allait en cours d’anglais pour débloquer des insultes plus élaborées, et on essayait de ne pas se faire chopper par les préfets après le couvre-feu.

C’est là que réside la magie de Bully. Le monde était petit, mais incroyablement dense. Chaque clan (les sportifs, les bourges, les fayots, les graisseurs) avait sa propre identité. On se sentait vraiment comme un étudiant qui tente de gravir les échelons de la hiérarchie sociale. Jimmy Hopkins n’était pas un méchant ; c’était un anti-héros qui remettait les brutes à leur place.


Pourquoi une suite est-elle un casse-tête pour Rockstar ?

On va se dire les vraies choses : le monde a changé depuis 2006. Aujourd’hui, faire un jeu sur l’intimidation scolaire est un terrain glissant. À l’époque, Rockstar avait déjà dû changer le titre original Bully pour Canis Canem Edit (Chien mange chien) dans certains pays pour calmer les politiciens en colère.

Si Rockstar lançait Bully 2 demain, ils seraient scrutés à la loupe. Comment traiter le sujet du harcèlement, de la santé mentale et de la violence à l’école sans se mettre tout le monde à dos ? C’est peut-être l’une des raisons pour lesquelles le projet semble avoir été mis sur glace à plusieurs reprises. On le sait, le studio aime la provocation, mais ils ne sont pas fous : ils savent quand un sujet est trop « chaud » pour les investisseurs.


Ce qu’on voudrait voir dans Bully 2

Imaginez deux secondes. Un moteur graphique digne de Red Dead Redemption 2, mais appliqué à une petite ville universitaire. On ne veut pas d’une carte immense. On veut une ville où chaque bâtiment est explorable.

  • Une IA révolutionnaire : On veut que chaque étudiant se souvienne de ce qu’on lui a fait. Si tu as piqué le vélo d’un gars le lundi, il devrait t’attendre avec ses potes le vendredi.
  • Le passage à l’université : Faire une suite avec un Jimmy plus vieux permettrait d’aborder des thèmes un peu plus matures (le stress des examens, les dettes étudiantes, les fraternités) tout en gardant l’humour acide de Rockstar.
  • La technologie moderne : Imaginez l’utilisation des réseaux sociaux in-game. Jimmy pourrait ruiner la réputation d’une brute en postant une vidéo compromettante ou pirater les serveurs de l’école.

Le verdict : Mérite-t-il une suite ?

La réponse est un OUI retentissant !

Dans une industrie saturée par les jeux en monde ouvert génériques et les « Live Services » qui veulent juste nous vider les poches, Bully représentait quelque chose de rare : une expérience purement solo, narrative, drôle et humaine. Il y a un charme dans l’école Bullworth qu’on ne retrouve nulle part ailleurs. On n’a pas besoin de piloter des avions ou d’avoir 500 voitures dans son garage pour s’amuser. Parfois, un lance-pierre et un skateboard suffisent pour devenir le roi du monde.

Rockstar a prouvé avec Red Dead 2 qu’ils sont les maîtres du détail et de l’immersion. Appliquer ce savoir-faire à l’univers de Bully créerait un chef-d’œuvre instantané.

En attendant que Sam Houser reçoive enfin le mémo, on continuera de lancer la version Scholarship Edition sur nos PC et consoles, en se disant que Jimmy Hopkins a encore beaucoup de choses à nous apprendre sur la vie.


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